Publié par : Perspectives Internationales | 07/08/2012

Conférence-débat « Secret et Nucléaire »

Dans le cadre de la sortie du premier numéro de Perspectives Internationales au mois de janvier dernier, une conférence suivie d’un cocktail aura lieu :

Jeudi 08 mars 2012, 18h30-20h30

Sur le thème du secret dans le nucléaire

Sciences Po Paris, Salle H405, 28 rue des Saints-Pères 75007 Paris

La question du nucléaire est prégnante dans la diplomatie internationale depuis le milieu du XXsiècle jusqu’à nos jours et est sujette à de nombreux questionnements et débats. En effet, qu’il s’agisse de nucléaire civil ou militaire, les recherches et productions nationales ont toujours été entourées d’opacité, nourrissant à la fois la curiosité et l’inquiétude de la communauté internationale. L’absence de transparence dans le domaine nucléaire se situe à la fois entre les États eux-mêmes (qui ne veulent pas révéler l’avancement exact de leur programme militaire à des fins stratégiques) ; et entre les États et leurs populations (qui sont mal informées des risques liés à de telles activités). Les rapports incomplets, les fausses déclarations et la dissimulation d’incidents sont tolérés par l’opinion publique internationale jusqu’à l’éclatement de crises ou d’incidents – par exemple la crise de Cuba pendant la Guerre Froide ou beaucoup plus récemment, le cas de la centrale nucléaire Fukushima au Japon.

La tradition du secret dans le nucléaire est alors complètement remise en question et soulève de multiples interrogations : le secret nucléaire est-il nécessaire ? En d’autres termes, peut-on revendiquer un droit à l’information dans le domaine du nucléaire ? Si oui :

a) dans quelle mesure : comment différencier ce qui relève de l’exigence de transparence envers le grand public de ce qui doit rester réservé à l’État pour ne pas compromettre sa sécurité ?

b) comment : quels acteurs peuvent agir efficacement dans la promotion de la transparence ? Quid du rôle des institutions internationales ?

Pour débattre de ces questions, nous aurons le plaisir d’accueillir :

  • Monique SENÉ, chercheuse au CNRS, cofondatrice du Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN).
  • Michel LALLIER, membre du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité nucléaire, et représentant de la CGT.
  • Dominique MONGIN, docteur en histoire (La genèse de l’armement nucléaire français), enseignant à Sciences Po Paris.

 

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Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

Rédacteur/rédactrice « Moyen-Orient/Méditerranée »

Perspectives Internationales (revue étudiante en relations internationales) fait peau neuve. Nous renouvelons, entre autres, notre comité de rédaction. Nous sommes donc à la recherche d’un(e) rédacteur/rédactrice responsable de la nouvelle rubrique « Moyen-Orient/Méditerranée » de son site web. Le poste est ouvert à tout(e) étudiant(e) universitaire, en France ou à l’étranger, francophone. Il est placé sous la direction du chef d’édition du site de Perspectives Internationales. Cette activité n’est pas rémunérée, l’implication au sein de Perspectives Internationales relevant uniquement du bénévolat.

[checklist]

  • Missions

– Alimenter de façon continue la rubrique « Moyen-Orient/Méditerranée » du site de Perspectives Internationales au travers d’articles d’analyse ou d’opinion (le format sera précisé en comité de rédaction).

– Rechercher des contributeurs/contributrices potentiels.

– Relecture orthographique et mise en forme des contributions extérieures pour la rubrique « Moyen-Orient/Méditerranée ».

  • Profil

– Intérêt réel et passion pour les relations internationales: travaux pertinents, expériences professionnelles (stages inclus), orientation académique.

– Sérieux, disponibilité (3 à 4 heures par semaine), réactivité et capacité à respecter les délais impartis.

– Bonne plume, parfaite maîtrise du français et/ou de l’anglais.

– Etudiant/étudiante d’un premier cycle délocalisé de l’IEP de Paris (de préférence Menton), INALCO ou toute formation universitaire jugée pertinente.

– Maîtrise d’une des langues suivantes: arabe classique, arabe dialectal, turc, italien, grec, espagnol. 

  • Disponibilité

A partir d’octobre 2012.

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Pour vous porter candidat(e), envoyez votre lettre de motivation et votre CV à l’une des adresses suivantes: ismailregragui@gmail.com ou perspectives.internationales@gmail.com

Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

Rédacteur/rédactrice « Europe »

Perspectives Internationales (revue étudiante en relations internationales) fait peau neuve. Nous renouvelons, entre autres, notre comité de rédaction. Nous sommes donc à la recherche d’un(e) rédacteur/rédactrice responsable de la nouvelle rubrique « Europe » de son site web. Le poste est ouvert à tout(e) étudiant(e) universitaire, en France ou à l’étranger, francophone. Il est placé sous la direction du chef d’édition du site de Perspectives Internationales. Cette activité n’est pas rémunérée, l’implication au sein de Perspectives Internationales relevant uniquement du bénévolat.

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  • Missions

– Alimenter de façon continue la rubrique « Europe » du site de Perspectives Internationales au travers d’articles d’analyse ou d’opinion (le format sera précisé en comité de rédaction).- Rechercher des contributeurs/contributrices potentiels.

– Relecture orthographique et mise en forme des contributions extérieures pour la rubrique « Europe ».

  • Profil

– Intérêt réel et passion pour les relations internationales: travaux pertinents, expériences professionnelles (stages inclus), orientation académique.

– Sérieux, disponibilité (3 à 4 heures par semaine), réactivité et capacité à respecter les délais impartis.

– Bonne plume, parfaite maîtrise du français et/ou de l’anglais.

– Etudiant/étudiante d’un premier cycle délocalisé de l’IEP de Paris (de préférence Poitiers ou Reims), INALCO ou toute formation universitaire jugée pertinente.

– Maîtrise d’une des langues suivantes: allemand, néerlandais, tchèque, polonais. 

  • Disponibilité

A partir d’octobre 2012.

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Pour vous porter candidat(e), envoyez votre lettre de motivation et votre CV à l’une des adresses suivantes: ismailregragui@gmail.com ou perspectives.internationales@gmail.com

Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

Rédacteur/rédactrice « Amériques »

Perspectives Internationales (revue étudiante en relations internationales) fait peau neuve. Nous renouvelons, entre autres, notre comité de rédaction. Nous sommes donc à la recherche d’un(e) rédacteur/rédactrice responsable de la nouvelle rubrique « Amériques » de son site web. Le poste est ouvert à tout(e) étudiant(e) universitaire, en France ou à l’étranger, francophone. Il est placé sous la direction du chef d’édition du site de Perspectives Internationales. Cette activité n’est pas rémunérée, l’implication au sein de Perspectives Internationales relevant uniquement du bénévolat.

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  • Missions
– Alimenter de façon continue la rubrique « Amériques » du site de Perspectives Internationales au travers d’articles d’analyse ou d’opinion (le format sera précisé en comité de rédaction).- Rechercher des contributeurs/contributrices potentiels.– Relecture orthographique et mise en forme des contributions extérieures pour la rubrique « Amériques ».

  • Profil
– Intérêt réel et passion pour les relations internationales: travaux pertinents, expériences professionnelles (stages inclus), orientation académique.- Sérieux, disponibilité (3 à 4 heures par semaine), réactivité et capacité à respecter les délais impartis.– Bonne plume, parfaite maîtrise du français et/ou de l’anglais.

– Etudiant/étudiante d’un premier cycle délocalisé de l’IEP de Paris (de préférence Poitiers ou Reims), INALCO ou toute formation universitaire jugée pertinente.

– Maîtrise d’une des langues suivantes: portugais, espagnol, anglais.

  • Disponibilité

A partir d’octobre 2012.

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Pour vous porter candidat(e), envoyez votre lettre de motivation et votre CV à l’une des adresses suivantes: ismailregragui@gmail.com ou perspectives.internationales@gmail.com

Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

Rédacteur/rédactrice « Afrique »

Perspectives Internationales (revue étudiante en relations internationales) fait peau neuve. Nous renouvelons, entre autres, notre comité de rédaction. Nous sommes donc à la recherche d’un(e) rédacteur/rédactrice responsable de la nouvelle rubrique « Afrique » de son site web. Le poste est ouvert à tout(e) étudiant(e) universitaire, en France ou à l’étranger, francophone. Il est placé sous la direction du chef d’édition du site de Perspectives Internationales. Cette activité n’est pas rémunérée, l’implication au sein de Perspectives Internationales relevant uniquement du bénévolat.

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  • Missions
– Alimenter de façon continue la rubrique « Afrique » du site de Perspectives Internationales au travers d’articles d’analyse ou d’opinion (le format sera précisé en comité de rédaction).– Rechercher des contributeurs/contributrices potentiels.

– Relecture orthographique et mise en forme des contributions extérieures pour la rubrique « Afrique ».

  • Profil
– Intérêt réel et passion pour les relations internationales: travaux pertinents, expériences professionnelles (stages inclus), orientation académique.– Sérieux, disponibilité (3 à 4 heures par semaine), réactivité et capacité à respecter les délais impartis.

– Bonne plume, parfaite maîtrise du français et/ou de l’anglais.

– Etudiant/étudiante de l’IEP de Paris, INALCO ou toute formation universitaire jugée pertinente.

  • Disponibilité

A partir d’octobre 2012.

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Pour vous porter candidat(e), envoyez votre lettre de motivation et votre CV à l’une des adresses suivantes: ismailregragui@gmail.com ou perspectives.internationales@gmail.com

Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

Rédacteur/rédactrice « Asie »

Perspectives Internationales (revue étudiante en relations internationales) fait peau neuve. Nous renouvelons, entre autres, notre comité de rédaction. Nous sommes donc à la recherche d’un(e) rédacteur/rédactrice responsable de la nouvelle rubrique « Asie » de son site web. Le poste est ouvert à tout(e) étudiant(e) universitaire, en France ou à l’étranger, francophone. Il est placé sous la direction du chef d’édition du site de Perspectives Internationales. Cette activité n’est pas rémunérée, l’implication au sein de Perspectives Internationales relevant uniquement du bénévolat.

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  • Missions
– Alimenter de façon continue la rubrique « Asie » du site de Perspectives Internationales au travers d’articles d’analyse ou d’opinion (le format sera précisé en comité de rédaction).- Rechercher des contributeurs/contributrices potentiels.

– Relecture orthographique et mise en forme des contributions extérieures pour la rubrique « Asie ».

  • Profil
– Intérêt réel et passion pour les relations internationales: travaux pertinents, expériences professionnelles (stages inclus), orientation académique.- Sérieux, disponibilité (3 à 4 heures par semaine), réactivité et capacité à respecter les délais impartis.

– Bonne plume, parfaite maîtrise du français et/ou de l’anglais.

– Etudiant/étudiante d’un premier cycle délocalisé de l’IEP de Paris (de préférence Le Havre), INALCO ou toute formation universitaire jugée pertinente.

– Maîtrise d’une des langues suivantes: chinois (mandarin), russe, japonais, hindi, coréen, indonésien.

  • Disponibilité

A partir d’octobre 2012.

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Pour vous porter candidat(e), envoyez votre lettre de motivation et votre CV à l’une des adresses suivantes: ismailregragui@gmail.com ou perspectives.internationales@gmail.com

Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

La loi mémorielle comme soft power : l’exemple du génocide arménien

 

UN GÉNOCIDE RELATIVISE POUR DES CONSIDÉRATIONS GÉOSTRATÉGIQUES

Le 22 décembre 2011, l’Assemblée Nationale française vote une proposition de loi punissant toutes formes de négation du génocide arménien. Les lois mémorielles, catégorie à laquelle appartient l’initiative, désignent rétroactivement l’ensemble des législations punissant la négation ou la révision publiques de «crimes contre l’humanité» définis comme tels. Elles se sont multipliées brusquement à partir de 2001. Mais alors qu’en novembre 2008, le parlement décidait de ne plus voter de lois mémorielles, comment expliquer  la proposition d’un nouveau décret en la matière, surtout après que ce génocide ait déjà été reconnu en 2001?

L’explication ne relève ni d’une réparation d’une injustice historique, ni d’une préoccupation électoraliste, mais résulte d’un soft power. L’on peut-être issu de la diaspora arménienne et reconnaître ce mécanisme sans bien sûr nier en aucune manière le génocide arménien (1). Ce concept se distingue du hard power, désignant tous pouvoirs bâtis sur la coercition physique, le plus souvent armée, manipulée par un État ou une organisation pour contraindre un autre État ou une autre organisation à se soumettre. Le professeur américain Joseph Nye (2) développe celui de soft power, que l’on pourrait expliquer comme suit, au risque de trahir ses nuances: c’est  la capacité d’un État ou d’une organisation à influencer le comportement d’un autre acteur politique, renâclant à s’exécuter conformément aux intérêts du ou des premiers.  Cette capacité s’effectue à travers des moyens non armés comme par exemple des lois mémorielles. Cette «puissance par cooptation» repose sur des ressources intangibles telles que : la réputation positive d’un État, ses capacités de communication, le degré d’ouverture de sa société, l’exemplarité de son comportement,  son rayonnement scientifique et technologique dans un sens large, et enfin son influence au sein des instances internationales, le tout lui permettant d’imposer ses choix à quiconque sans le recours à la force armée.

Durant la Grande Guerre, la France, la Russie et l’Empire Britannique affrontent l’Allemagne et son allié ottoman. C’est dans ce contexte qu’un nouveau génocide s’étend d’avril 1915 à juillet 1916. Dans l’après-guerre fragile, les États-Unis, souhaitent ménager la Turquie kémaliste, afin de contenir l’URSS et contrecarrer l’influence française et britannique dans cette région très prometteuse en termes d’hydrocarbures. Cela l’emporte sur les considérations humanitaires. La France et la Grande-Bretagne, endettées auprès de Washington, acceptent cette situation en reconnaissant toutefois la réalité des massacres. En 1952, la Turquie, qui avait été favorable aux Alliés durant la Seconde Guerre Mondiale, rejoint l’OTAN, dont les membres resteront longtemps divisés sur ce qu’Ankara persistera à nommer le « prétendu génocide arménien ».

SOFT POWER TURC CONTRE SOFT POWER «OCCIDENTAL»

Le premier ministre Tayyip Erdogan, lors de son arrivée au pouvoir en 2003, amorce un virage. Il prône la politique du «bon voisinage», afin notamment de renforcer le dossier d’adhésion de son pays à l’UE par toute une série de réformes et de compromis, mais ainsi faire de son territoire un carrefour d’oléoducs et de gazoducs, ce qui exige une diplomatie plus ouverte, en d’autres termes une séduction par la mise en œuvre d’unsoft power national. C’est dans cette optique que les débats sur la question arménienne, dans le pays, connaissent un nouvel essor. Le Premier ministre estime que le meilleur compromis serait de reconnaître les tueries en niant  leur dimension génocidaire  tout en concédant que le nombre des victimes a dépassé les 300 000 personnes (3). Mais l’Arménie refuse cette ouverture au prétexte qu’il n’y a pas lieu de revenir sur des aspects que la Turquie risque d’occulter et de modifier à son profit. Mais une partie de la société civile turque progressiste suit Erdogan, pour des raisons politiques ou morales.

Le motif électoral pour expliquer l’attitude française n’est pas recevable car l’initiative risque de heurter la communauté franco-turque, toute aussi nombreuse à peu de chose  près, et d’entraîner dans son sillage des musulmans non turcs, par solidarité ou réaction. N’oublions pas non plus qu’en janvier 2001, c’est sous le gouvernement du premier ministre Lionel Jospin qu’avait été promulguée une loi sur la reconnaissance du génocide, ce qui, on le sait, ne lui permit pas de remporter les élections présidentielles de 2002.

LES CONSÉQUENCES PROBABLEMENT DÉSASTREUSES D’UNE LOI MÉMORIELLE

Le moment est particulièrement mal choisi pour voter cette loi, lorsqu’on sait que ladiplomatie de bon voisinage de la Turquie, à la croisée des sphères d’influence perse, arabe et turque, contribue à limiter les effets désastreux de la politique américaine. La Turquie est, en effet, un intermédiaire de premier plan pour limiter le chaos en Irak, en Syrie, négocier sur le nucléaire iranien, au Liban, ou en Asie Centrale. En plus de se mettre à dos les mondes turcophones, la France procure à Erdogan le dernier atout qui lui manquait, à savoir devenir le porte-voix d’un monde arabo-musulman (certes hétérogène, y compris dans les opinions publiques) pourtant séculairement opposé aux Turcs. Les islamistes vont prendre plus d’importance en Turquie en fustigeant la France. Ankara va se saisir de l’occasion pour faire oublier son long passé de cheval de Troie de l’Occident en Orient.

Mais surtout, l’incident est à associer au refus catégorique de Paris de laisser la Turquie intégrer l’UE. Le critère démographique joue un rôle central dans ce refus. En effet, alors que la démographie de l’Allemagne est moribonde, celle de la France va lui permettre de devenir, à moyenne échéance, la première population des 28 (Croatie comprise), ce qui lui permettra d’obtenir un maximum de représentants à Bruxelles…. sauf si la Turquie est intégrée dans l’UE. Autrement dit, reconnaître le caractère génocidaire de la question arménienne revient à conférer à la Turquie le même degré de culpabilité dont l’Allemagne à souffert, afin de légitimer toute pression à son encontre. Certes, l’Allemagne avait pu intégrer la CECA, puis la CEE sans problème, mais sa diplomatie et sa Défense ont été bridées, par les États vainqueurs, à cause de son statut de vaincu et des crimes de guerre reconnus.

LA FRANCE A LA REMORQUE DE LA DIPLOMATIE ISRAÉLO-AMERICAINE

Terminons la réflexion en rappelant le trouble jeu israélien. Naguère, la Turquie était le grand allié d’Israël. Les deux pays tissent le 23 avril 1996, une alliance militaire déjà amorcée en 1992. En échange, comme l’affirme Haaretz le 27 décembre 2011 (4) , Tel-Aviv demande à quelques-uns des lobbies pro-israéliens à Washington (tous n’y sont pas favorables) d’œuvrer pour empêcher toute reconnaissance de ce génocide. Certes, des intellectuels juifs comme Raphael Lemkin reconnaissent le caractère génocidaire du cas arménien. Mais Israël promeut et à la fois ralentit le dossier pour garder un moyen de pression au cas où Ankara deviendrait trop entreprenante. Les lobbies militaro-industriels israélo-américains s’en accommodent parfaitement, puisqu’à la différence de l’Arménie pro-russe, la Turquie achète du matériel américain. Le 29 juin 2001 par exemple, lors de l’exercice commun Anatolian Eagle, la Turquie expérimente des antimissiles Arrow avec l’assistance israélienne (5).

La situation change lorsqu’Israël ne supporte plus les soudaines poussées de souverainisme turques, amorcées dès la seconde Intifada. Une situation qui s’envenime après l’épisode de la flottille de la liberté dans laquelle des citoyens turcs sont tués. De plus, Ankara ne veut pas que son territoire serve de base pour bombarder l’Iran. Comme la Turquie se mêle des conflits de la région et ambitionne de devenir membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, le pays devient encombrant. Conséquence immédiate: la Chambre des Représentants américaine, le 5 mars 2010, reconnaît le génocide arménien (6), imitée par la Suède. En avril, le chef du MeretzHaïm Oron, propose une motion à la Knesset: « Quand nous aidons la Turquie à nier ce génocide, nous portons aussi atteinte au souvenir de la Shoah»(7). Le mot génocide est prononcé. Israël active contre la Turquie son soft power par un lobbying antiturc à Washington et en Europe. La France suit. En 2007, Sarkozy ne fait pas mystère de son amitié qu’il entretient avec l’actuel Premier ministre Benyamin Netanyahou et de son hostilité envers la Turquie, qui constituait pourtant l’une de ses premières visites diplomatiques (8). En octobre 2010, des députés UMP refusent ainsi à la Turquie fonds et soutiens pour son adhésion à l’UE.

Les raisons du vote de cette loi mémorielle ne résident donc que dans des intérêts diplomatiques et non scientifiques ou philanthropiques. L’Histoire, comme la mémoire, reste d’abord au service d’une diplomatie.

1. Ce qui est ici notre cas.

2. NYE, Joseph. Bound to Lead: The Changing Nature of American Power. New York: Basic Books, 1990. 308 p.

3. La Turquie menace d’expulser 100 000 clandestins arméniens. Le Monde, 17 mars 2010.

4. Israel mustn’t politicize the Armenian genocide, Haaretz, 27 décembre 2011.

5. The Arrow Missile Interceptor Deployed In Israeli-Turkish-U.S. Air Exercise. The Jewish Institute for National Security Affairs, 29 juin 2001. Le think tank JINSA a réalisé par ailleurs une étude rigoureuse permettant d’écrire une histoire des relations entre les deux pays.

6. Affirmation of the United States Record of the Armenian Genocide resolution. Committee on Foreign Affairs House of Representatives, 111th Congress, second session on H. Res. 252, 4 mars 2010. Serial No. 111–84; BRONNER, Ethan. Israel Risks New Turkish Ire with Recognition of Armenian Genocide. New York Times, 26 décembre 2011.

7. Génocide arménien reconnu par Israël. Le Figaro, 28 avril 2010.

8. Des députés UMP veulent couper les fonds européens pour la Turquie. Le Monde, 14 octobre 2010.

 

Nicolas Ténèze, Docteur en Science Politique, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Toulouse Capitole, membre du Groupe de Recherche Sécurité et Gouvernance, du Groupe de Recherche en Histoire Immédiate et membre associé de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. Il a publié sur l’arsenal nucléaire pakistanais et israélien, les boucliers antimissiles israélo-américain, les dites «révolutions arabes», et le terrorisme non-conventionnel.

 

POUR CITER CET ARTICLE
TENEZE, Nicolas. La loi mémorielle comme soft power : l’exemple du génocide arménien. In Tribune. Perspectives Internationales [en ligne], 21 janvier 2012 [consulté le …], 4 p. Disponible sur : http://perspectivesinternationales.com/la-loi-memorie…nicolas-teneze/

Publié par : Perspectives Internationales | 06/08/2012

Le feu zoroastrien contre la Maguen David : une guerre israélo-iranienne improbable

Nicolas Ténèze, Docteur en Science Politique, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Toulouse Capitole, membre du Groupe de Recherche Sécurité et Gouvernance, du Groupe de Recherche en Histoire Immédiate et membre associé de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. Il a publié sur l’arsenal nucléaire pakistanais et israélien, les boucliers antimissiles israélo-américain, les dites «révolutions arabes», et le terrorisme non-conventionnel.

Les manchettes de journaux l’affirment, l’État hébreu se prépare à frapper la République islamique d’Iran. La guerre est proche nous assure t-on, en témoignent les manœuvres militaires israélo-américaines et les pourparlers diplomatiques entre les acteurs de cette crise. Si elle devait avoir lieu, elle risquerait d’embraser un Grand Moyen Orien(1) déjà secoué par les coups d’État et les bouleversements sociaux, improprement appelés «printemps arabes». Le conflit engendrerait inévitablement une crise pétrolière sans précédent, car l’Iran pourrait riposter en bombardant les forages d’hydrocarbures dans le Golfe Persique. Cette perspective, en pleine crise économique et financière, nul ne la souhaite évidemment. Alors que la Syrie et le Yémen connaissent depuis un an une guerre civile, que l’Égypte, la Tunisie et la Libye s’enfoncent dans l’islamisme rampant ou clairement revendiqué (sans oublier ce qui se passe au Liban et dans le Kurdistan), une frappe israélienne achèverait de déstabiliser une région à la confluence de plaques géostratégiques.

L’échéance nucléaire de l’Iran: une querelle de date

 

Depuis 2003, date à laquelle l’Iran a recommencé son bras de fer avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, des experts rivalisent de prévisions, pour savoir quand le pays possèdera la bombe et quand débutera la réaction israélienne. Déjà dans les années 1980, certains soutenaient mordicus que l’Iran possédait déjà des ogives nucléaires et que les États-Unis et Israël allaient frapper le pays, en occultant le fait que l’Iran était discrètement soutenu par le Grand et le Petit Satan contre l’Irak (affaire del’Irangate) et qu’environ 15000 juifs habitent toujours l’Iran. Plus récemment, en 2004, la grande revue britannique de référence Jane’s Intelligence prédit qu’«Israël lancera presque certainement une attaque préventive contre l’infrastructure iranienne» (1).L’universitaire américain Bernard Lewis prévient en juin 2006 que Téhéran lancera sa bombe sur Israël le 22 août 2006, une date célébrant le voyage de Mahomet à Jérusalem (2) ! En 2006, l’ISS et l’ISIS retiennent la date de 2009 et la FRS de 2008 (3).

Il faut dire que les services de renseignements américains et israéliens ne sont même pas d’accord sur la date à partir de laquelle le programme iranien arrivera à échéance. L’année 2007 est, à ce titre, instructive. Robert Baer, ancien officier de la CIA, estime en août que la frappe militaire contre l’Iran aura lieu dans les six prochains mois, trois mois environ avant l’assemblage de la première bombe (4). Le NIE américain, quant à lui, analyse que la bombe iranienne sera prête entre 2010 et 2015 (5). Celle du général Mickaël Hayden, directeur américain du renseignement, oscille entre 2012 et 2015 (6), alors que Yossi Baidatz, commandant de l’unité de recherche de Tsahal donne la date à 2009 (7). Mais en juillet 2009, Meir Dagan, patron du Mossad, privilégie plutôt 2014 (8), alors que l’Aman pronostique en 2009 une bombe pour l’été de la même année. Le patron du renseignement militaire Amos Yadlin, deux ans plus tard, donne la date de 2012 quand Dagan et son successeur Tamir Pardo la maintiennent finalement à 2015 (9). Toutefois, il est vrai que le rapport de l’AIEA du 9 novembre 2011, un parmi tant d’autres, suscite des inquiétudes supplémentaires qu’il convient de ne pas négliger.

Un programme international

 

Néanmoins, il est utile de rappeler que ce programme iranien qui suscite tant de crispations ne date pas des années 2000 mais des années 1950 lorsque les États-Unis et la Grande Bretagne y construisirent les premières installations, car l’Iran riche en uranium, les alimentait en minerai. Il s’agissait en même temps de contrôler les velléités persanes dans ce domaine dans le cas où elles deviendraient menaçantes. Dès 1956, Les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et la France forment des ingénieurs Iraniens. A Saclay, le haut commissaire à l’énergie atomique Francis Perrin présente au Shah la pile à eau lourde EL3 Saturne (10). En 1957, un accord de coopération nucléaire civile est élaboré avec Washington. De 1960 à 1964, dans le cadre de l’Atom For Peace, les Américains livrent le centre de recherche de Téhéran. Le Shah conclut en octobre 1961 un contrat avec la France pour l’achat de quatre centrales. En 1970, Téhéran signe le TNP (ce n’est pas le cas d’Israël, et la France ne le signe qu’en 1992). Mais surtout, en 1973, Paris et Téhéran créent Eurodif à Pierrelatte, un consortium binational. Le 18 novembre 1974, une série de contrats officialisent cette coopération nucléaire. Entretemps, est créée par les États-Unis et l’Iran la Commission Économique Mixte qui permet l’exploitation des brevets américains Westinghouse. Dans les années 1980, la coopération occidentale se fait plus discrète pour des raisons géopolitiques complexes même si plusieurs pays occidentaux, dont l’Allemagne, y vendent encore des technologies. A partir des années 1990, la Chine et la Russie modernisent les installations atomiques après que le Pakistan ait collaboré à son programme balistique. Citons aussi l’implication de Dubaï, de la Malaisie ou encore de Singapour.

Le fantasme d’une guerre nucléaire israélo-iranienne

 

Après la première guerre du Golfe, l’Iran devient, pour Israël, une priorité au détriment de l’Irak. Le ministre des Affaires étrangères, Silvan Shalom, l’explique en 2004 : « L’Iran a remplacé Saddam Hussein dans l’exportation de la terreur, de la haine et de l’instabilité. […] L’intervention américaine en Irak est un exemple à suivre (11)». L’État hébreu finance des opérations de déstabilisation contre un pays qui souhaite en réalité, avant même d’affronter Israël, prendre sa revanche sur les sunnites en devenant le grand leader des mondes musulmans. Cela explique pourquoi plusieurs pays arabes sunnites souhaitent y mettre fin avec Israël. Israël ne croit pas que la bombe iranienne sera utilisée. Netanyahou pour des motifs politiques, souhaite peut-être faire oublier la fronde sociale sans précédent qui agite son pays, rongé lui aussi par la crise, par une opération militaire certes légitime, mais qui sera inefficace. Et l’Iran se servira de ce prétexte pour faire lui aussi oublier la situation socio-économique déplorable qui affecte sa population.

Le cas échéant, le risque de l’utilisation du potentiel atomique iranien, s’il existe un jour, ne pourrait s’affranchir des variables, compromettant de facto ces éventuelles conséquences néfastes. En effet, outre ses boucliers antimissiles, Israël, qui entretient une opacité assumée sur ses propres capacités, disposerait de 300 ogives nucléaires, la plupart vectorisées dans trois sous-marins lanceurs d’engins de fabrication allemande: le Tekumah, le Léviathan et le Dolphin (trois de plus doivent encore être livrés). Pourquoi dès lors Téhéran irait défier Israël, au mépris des risques encourus, avec une arme qui pour l’instant n’existe pas encore ? La bombe persane constituerait a posterioriun moyen de pression et un bouclier protégeant l’Iran, permettant d’actionner en toute impunité ses épées conventionnelles : le Hamas et le Hezbollah.

Le risque d’un embrasement géopolitique inutile au nom de la doctrine Begin

 

Israël, État souverain,  a bien sûr le droit et même le devoir de se défendre contre la menace d’une attaque nucléaire telle que l’a brandie le président iranien Ahmadinejad. Une seule bombe de forte puissance suffirait à raser l’État hébreu, alors qu’il en faudrait des dizaines pour faire de même contre l’Iran. Face à ces ennemis, l’Etat hébreu a entrepris par le passé, des stratégies de contre-prolifération, plus connues sous le nom de doctrine Begin, du nom du Premier ministre l’ayant appliqué officiellement pour la première fois. Elle consiste à empêcher par la force la construction d’Armes de Destruction Massive, en assassinant des ingénieurs et en neutralisant des installations de dictatures comme l’Iran, l’Irak ou la Syrie, cela par des missiles, des bombes, ou de simples virus informatiques (tel Stuxnet). En juin 1981 en Irak et en septembre 2007 en Syrie, les forces aériennes israéliennes l’ont déjà matérialisée au mépris du droit international. Par cette doctrine présentée comme une opération préventive (empêcher une menace future, plausible mais hypothétique), Israël affirme tacitement que lui seul à le droit de posséder l’arme nucléaire. En agissant ainsi, Tel-Aviv explique notamment qu’elle protège aussi les autres acteurs régionaux d’une prolifération incontrôlée, et que ses frappes conventionnelles éviteraient de sa part des représailles nucléaires contre le proliférant.

Mais dans le cas présent, détruire les centres nucléaires iraniens serait peu pertinent. D’une part, parce que ces cibles sont enterrées, dont difficile à atteindre, même avec des têtes perforantes. Ensuite, l’Iran possède, grâce à Moscou et Pékin, des systèmes antiaériens performants. De plus, le virus stuxnet et les assassinats d’ingénieurs, ont ralenti ce programme plus efficacement qu’une attaque militaire. Les raids contre Osirak  en 1981 n’ont retardé que de neuf ans les ambitions irakiennes. Et c’est précisément pour se défendre contre ces attaques que l’Irak accéléra ensuite, après 1981, son programme. Israël devrait donc continuer à privilégier la négociation, comme elle l’a fait parfois avec succès. Car l’Iran n’emploiera jamais son arme, même dans des cas extrêmes, sans l’aval de ses parrains chinois et russes, qui, en cas d’action armée israélienne, reconstruiront les installations. Que pourront faire les aigles israéliens contre le foie du Prométhée iranien au risque d’attiser le feu de la poudrière moyen-orientale?

 

1. Concept créé par les néoconservateurs de l’American Enterprise Institute en février 2003, s’étendant de la Mauritanie au Pakistan.2. Jane’s Intelligence Review, septembre 2004, « Khan case raises fears of further proliferation », Andrew Koch.
3. Le Monde Diplomatique, 30 octobre 2007, « Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran », Alain Gresh.
4. FRS« Iran, La bombe fin 2008 ? », 15 mars 2006. Bruno Tertrais
6. United States of America, National Intelligence Estimates, « Iran : Nuclear Intentions and Capabilities », 2007
7. Le Canard Enchaîné, 3 octobre 2007, « Barbouzeries sur une attaque contre l’Iran ».
8. Israelinfos.com, 7 novembre 2007.
9. L’Arche, juillet août 2009, p. 6.
10. Nouvel Observateur, du 13 au 19 janvier 2011, « La bombe atomique pour 2015 ».
11. Dominique Lorentz, Affaire Atomiques, Les Arènes, 2001, p. 254.
12. Haaretz, 30 septembre 2004, « Sharon says US should also disarm Iran, Libya and Syria ».c POUR CITER CET ARTICLE
TENEZE, Nicolas. Le Feu zoroastrien contre la Maguen David : une guerre nucléaire israélo-iranienne improbable. In Tribune. Perspectives Internationales [en ligne], 21 janvier 2012 [consulté le …], 4 p. Disponible sur : http://perspectivesinternationales.com/a-propos/439-2/
Publié par : Perspectives Internationales | 05/08/2012

L’émergence dans les relations internationales (Numéro 2, avril-septembre 2012)

L’émergence dans les relations internationales (N° 2, avril-septembre 2012)

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Ismaïl Régragui, Institut d’Études Politiques de Paris.

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[toggle title= »La mise en scène de l’émergence: une distribution internationale de capital symbolique »]

Thibault Loneux, Université Paris I-Panthéon Sorbonne.

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[toggle title= »Grande puissance émergente et dissuasion nucléaire : des concepts complémentaires ou antinomiques ? »]

Nicolas Ténèze, A.T.E.R à l’Université Toulouse Capitole.

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[toggle title= »Perceptions et interprétations de l’émergence chinoise depuis la guerre froide: vers une approche chinoise des RI ? »]

Frédéric Puppatti, Université de Lille II.

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[toggle title= »New opportunities for indo-african development cooperation ? »]

Pooja Jain, PHD student at Sciences, Philippe Régnier, senior teacher at the School of International Development and Global Studies.

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[toggle title= »Le Brésil face au printemps arabe »]

Ismaïl Régragui, Michal Symonides, Institut d’Études Politiques de Paris.

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[toggle title= »Forums d’émergents et multilatéralisme : le cas du forum IBAS (Inde-Brésil- Afrique du Sud) »]

Folashadé A. Soulé-Kohndou, doctorante à l’Institut d’Études Politiques de Paris.

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[toggle title= »Mustapha Kemal, clé de l’émergence de la Turquie? »]

Note de lecture de Mustapha Kemal ou la mort d’un empire (J.Benoist-Méchin).

Aurélien Denizeau, Institut d’Études Politiques de Paris.

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Publié par : Perspectives Internationales | 05/08/2012

Le secret en relations internationales (Numéro 1, Janvier-Mars 2012)

Le secret en relations internationales (N°1, Janvier-Mars 2012)

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[toggle title= »Editorial »]

Ismaïl Régragui, Institut d’Études Politiques de Paris.

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[toggle title= »On ne nous dit pas tout… Les théories du complot à l’épreuve de la modernité »]

Déborah Guy, Institut d’Études Politiques de Paris.

Emma Villard, Institut d’Études Politiques de Paris, promotion 2011.

Notre étude part d’un constat paradoxal : la persistance contemporaine des discours conspirationnistes, qualifiés pourtant d’archaïques par le monde universitaire. Nous nous proposons d’étudier plus avant le lien entre nos sociétés occidentales modernes et la formulation des théories du complot, autour du thème de ce premier numéro, le secret. En effet, l’analyse de la place du secret au sein de nos sociétés permet de mieux comprendre celle réservée aux théories du complot.

Mots-clés : théorie du complot, secret, transparence, modernité, Simmel.

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[toggle title= »Les rouages de l’affaire Greenpeace : du secret d’Etat à la publicité internationale »]

Laurie Buso, Institut d’Études Politiques de Paris.

Guillaume Choux, Institut d’Études Politiques de Paris.

Dans cet article, les auteurs analysent l’affaire Greenpeace (l’attentat perpétré par les services secrets français contre le Rainbow Warrior dans le port d’Auckland en juillet 1985) à travers le prisme du secret dans les relations internationales. Il s’agit donc de faire une étude de cas historique afin de s’interroger sur les justifications du secret dans les RI, et sur ses causes et conséquences dans l’affaire Greenpeace. Cela ne consiste pas en une description chronologique de l’affaire, mais en une dissection du secret. Plusieurs aspects en ressortent : le secret étatique français comme issue à l’immoralité de l’empêchement de la campagne de Greenpeace (qui peut toutefois être légitimée) ; le secret au niveau du gouvernement Mitterrand-Fabius comme arme pour gagner du temps et arriver à résoudre l’affaire sans conciliation avec le gouvernement de David Lange ; et le secret individuel de Charles Hernu et Pierre Lacoste comme « soupape » psychologique face à la pression du système politique mitterrandien. Mais le secret français n’est pas le seul aspect étudié : les auteurs s’attachent aussi à retracer les « coups de bluff » des Néo-Zélandais tout autant que leur maîtrise du temps politique et des armes juridiques pour tenter de percer le secret qui leur est opposé. Enfin, l’ONU est également vue ici comme l’« anti-secret » par excellence, puisque son secrétaire général est requis en tant que symbole de la transparence internationale et donc de la coopération entre les États.

Mots-clés : Rainbow Warrior, Greenpeace, France, Nouvelle-Zélande, ONU, DGSE, François Mitterrand, Charles Hernu, David Lange.

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Les ANNEXES  de cet article sont consultables sur cette page.[/toggle]

[toggle title= »La crise grecque et l’étude de la responsabilité dans l’UEM: une analyse principal-agent »]

Ivo Krizic, Institut d’Études Politiques de Paris.

Michal Symonides, Institut d’Études Politiques de Paris

L’approche principal-agent nous permet d’étudier la crise de la dette grecque sous l’angle de la notion de responsabilité. L’analyse de la relation entre le peuple grec et son gouvernement, puis celle ensuite des liens de responsabilité entre le gouvernement hellénique et les institutions européennes dans l’Union économique et monétaire (UEM), révèle qu’une large part de la responsabilité pour la crise revient à la mauvaise gestion de ces deux relations. En même temps, nous mettons en avant la situation délicate du gouvernement grec qui se trouve dans une position de « double agent », car il n’est pas seulement responsable devant son peuple-principal, mais il agit aussi en tant qu’agent vis-à-vis des institutions européennes. Cette situation est révélatrice du déficit démocratique de l’Union européenne ainsi que des défauts de l’UEM.

Mots-clés : Union européenne ; Grèce ; responsabilité ; légitimité ; délégation.

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[toggle title= »Le crime organisé: une ressource pour les Etats ? »]

Pauline Poupart, Institut d’Études Politiques de Paris.

A travers le travail de plusieurs auteurs, nous allons nous intéresser ici aux relations entre crime organisé et État, surtout en ce qui concerne l’intégration de ce phénomène dans le système international, et l’atout qu’il peut y constituer pour certains pays.

Mots-clés : crime organise ; État ; illicite.

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[toggle title= »La transparence au Sud: l’opportunité de s’autonomiser pour la société civile locale? L’exemple de la campagne transnationale PCQVP »]

Asmara Klein, doctorante au CERI de l’Institut d’Études Politiques de Paris.

L’article propose d’étudier l’émergence des mouvements citoyens au Sud ainsi que les enjeux de leur inclusion renforcée dans les relations internationales. A la fin des années 1980, s’impose l’idée que la réussite des programmes de développement est conditionnée par la participation des populations bénéficiaires. Encouragés par ce changement de paradigme, les mouvements civiques au Sud essaiment et déclenchent une nouvelle dynamique d’interaction Nord-Sud dans le monde des ONG. Créée en 2002 pour lutter contre la corruption dans l’industrie extractive et présente actuellement dans plus de 50 pays, la coalition d’ONG Publiez ce que vous payez offre un exemple parlant de ce rôle actif désormais joué par les acteurs au Sud. Cette autonomisation reste toutefois ambiguë : les voix du Sud ne font pas souvent le poids contre les possibilités de financement au Nord, pis leur rôle semble rarement dépasser celui d’un faire-valoir.

Mots-clés : corruption – transparence – société civile – Sud – ONG – organisations internationales – campagne de plaidoyer – industrie extractive – Publiez ce que vous payez – Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive.

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[toggle title= »Le secret, source d’altération des représentations de l’Autre « ]

Note de lecture de Maroc-Espagne, la guerre des ombres (2000-2010) d’Omar Dahbi

Ismaïl Régragui, Institut d’Études Politiques de Paris.

Cette note de lecture restitue les principaux éléments de l’ouvrage du journaliste marocain Omar Dahbi intitulé Maroc-Espagne, la guerre des ombres (2000-2010), publié en 2011. Il y est question du rôle des services secrets espagnols (en particulier sous les mandats de Jose Maria Aznar) dans la détérioration des relations avec le Maroc. Nous tentons également, outre une synthèse des propos de l’auteur, une brève mise en perspective scientifique grâce à des éléments empruntés à la théorie constructiviste des relations internationales (perception, projection et rôle des identités). Nous mettons par ailleurs en exergue la problématique de la transparence (et donc du rôle du secret) pour les relations internationales à la lumière de cet exemple hispano-marocain. Les manœuvres relatives au contrôle de l’information en matière de politique étrangère ainsi que l’absence manifeste de transparence dans le domaine, permettent de créer des représentations artificielles de l’Autre (ici le Maroc) en relations internationales.

Mots-clés : Maroc, Espagne, Dahbi, Aznar, identité, services secrets, transparence/politique étrangère.

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[toggle title= »Diplomatie secrète et nouveaux acteurs des RI: le cas de l’opération Pennsylvania au Vietnam »]

Elie Duprey, Institut d’Études Politiques de Paris.

Quelle peut être l’importance du secret dans les relations internationales? A partir de l’analyse d’une mission de diplomatie secrète et officieuse, menée par deux français dans le cadre du mouvement Pugwash, entre l’administration Johnson et le gouvernement Nord-Vietnamien, cet article tentera de montrer dans quelle mesure le secret et l’utilisation de réseaux non-officiels peuvent aider à instaurer un dialogue entre deux belligérants en vue d’établir des discussions ultérieures pouvant mener à la paix.

Mots-clés : diplomatie, secret, Vietnam, Pugwash, transnational.

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[toggle title= »Le secret du Roi, tentative de bureaucratisation des services secrets »]

Julien Louis Vieillard, Institut d’Études Politiques de Paris.

On peut analyser la mise en place sous Louis XV du Secret du Roi, ancêtre des services secrets français, comme une tentative de bureaucratisation des moyens d’influence français à l’étranger. Néanmoins, dans le cadre de la question de Pologne, qui sous-tend une grande partie de la politique orientale française au cours du XVIIIe siècle, on peut remarquer que la personnalité du Roi, la faible structure administrative et finalement l’échec de la mission confiée à cet office laissent supposer que cette modernisation était incomplète.

Mots-clés : secret, diplomatie, Louis XV, Pologne.

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